Timimoun LA HUITIEME MERVEILLE DU MONDE

TIMIMOUN L’OASIS ROUGE
Sa sebkha - Ses falaises - Son Erg- Ses Ksour -Ses jardins.


En plein coeur du Sahara, par 29° 15’29"62 de latitude nord et 0°13’48"76 de longitude E.G., existe une petite ville toute rouge, posée sur l’un des derniers gradins septentrionaux du plateau aride du Tademaït.

Elle domine une immense sebkha limitée vers le Nord par les dernières dunes du Grand Erg Occidental.

C’est Timimoun.

Timimoun, capitale du Gourara, vaste territoire de 1.025.000 hectares de superficie, avec 36.000 habitants et près de 800.000 palmiers répartis en une infinité d’oasis, qui se nichent soit dans les festons de falaise, au pied du plateau calcaire du Tademaït, soit dans des cuvettes cachées entre les dunes du Grand Erg Occidental.

Le village moderne de Timimoun, de style curieusement soudanais, dont le revêtement d’argile rouge se couvre au coucher du soleil de tons ocrés et orangés, les plus chauds, les plus invraisemblables qui se puissent imaginer, est en pleine période de développement.


Au Nord, le vieux Timimoun, le ksar avec ses kasbah, construit sur le grès tendre, s’étale en pente douce vers la palmeraie. Ruelles étroites, tortueuses, taillées par endroits à même le roc, ruisselets qui serpentent tantôt à ciel ouvert, tantôt dans des canalisations recouvertes de dalles et que sillonne parfois l’éclair argenté d’un poisson.
Vieux château fort en ruine à l’ombre duquel se blottit le marché aux esclaves.Mosquée trapue, maisons d’argile, ruines, monceaux de ruines, tout cet ensemble forme une vision très nette, colorée, ravissante. Il faut traverser ce vieux ksar pour accéder à la plus belle, la plus pittoresque des palmeraies.

Cinquante mille palmiers descendent par gradins successifs vers la plaine blanche de la sebkha et s’efforcent de l’envahir, de gagner sur elle. Ces palmiers, les plus verdoyants du Sud oranais, semblent en janvier, février et mars, piqués directement sur un tapis vert tendre constitué d’innombrables petits carrés de céréales en pousse. L’oreille est agréablement surprise par le pépiement des oiseaux et le murmure des ruisselets dévalant en cascades les pentes, emprisonnés dans des canalisations de pierre.
Ils amènent jusqu’au fond des jardins l’eau que les foggaras soutirent au Tademaït.
Il y règne une fraîcheur délicieuse et sous les palmiers, s’épanouissent librement grenadiers, amandiers, abricotiers en fleurs.

Parfois d’une butte en surplomb dans la palmeraie, une trouée dans le vert métallique et bleuté des palmes laisse entrevoir à l’horizon les dernières vagues de dunes roses du Grand Erg qui viennent mourir dans le blanc d’argent de la sebkha. Au Nord-Est, une falaise violette devant laquelle se détachent en ocre carminée les trois pitons d’Hadj Guelman soulignés au Nord, à l’Ouest et à l’Est, par la ligne sombre des palmeraies.

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Tout au long de cette falaise, glissant vers la sebkha, on ne voit que bouquets de palmiers dominés par de petits villages, nichés au pied d’énormes châteaux forts tombant en ruines, entourés chacun par des vestiges de murailles de Chine miniatures, déchiquetées de créneaux, flanquées de bastions, de demi-lunes, de blocs en avancée.
Autrefois, cela permettait aux autochtones de se défendre contre les pillards nomades qui trouvaient un asile inviolable dans les dunes du Grand Erg.

- Cela doit être en effet très pittoresque, mais comment va-t-on à Timimoun dont j’entends depuis si longtemps vanter les charmes ?

- D’abord en avion, solution sans intérêt si l’on veut faire du bon tourisme dans cette partie du Sahara. Il existe toutefois un excellent terrain balisé à cinq kilomètres au sud-est de Timimoun.
Il est enclavé dans l’angle que forment en se rejoignant les pistes venant d’El Goléa et d’Adrar.

Pour le tourisme automobile, il existe trois routes

L’une, partant d’El Goléa (RN 51), longue de 360 kilomètres, suit la grande vallée du M’guiden, longe d’assez loin les falaises sombres du Tademaït, traversant une région riche en pâturages et en excellents points d’eau.

L’autre, de 190 kilomètres, venant d’Adrar par l’Aougrout, est tracée sur un étage du Tademaït absolument aride. Elle peut impressionner le néophyte par l’ampleur de son horizon sur un reg sans limite, désespérément plat et brûlant de soleil.

La troisième route, dite de Charouine menant à la RN 6, que je vous conseille comme étant la plus pittoresque. En partant de Béchar, terminus de la voie ferrée, elle emprunte la vallée de la Saoura. Il faut s’arrêter au passage à l’oasis miniature de Taghit, étouffée dans un canyon splendide et surplombée par une gigantesque dune.
Puis, c’est Igli. A un coude, surgit la très belle oasis de Béni-Abbès.
Plus loin, la piste se coule dans un défilé entre des couches redressées, percées de trouées laissant apercevoir des palmeraies minuscules et d’énormes dunes jaunes. Après Foum-el-Kheneg, la piste de Charouine commence : piste en terrain varié, d’un pittoresque extrême. On traverse la sebkha de Foggaguira et ses curieuses barrières gréseuses, quelques bras d’erg entre lesquels on se faufile, et voici l’oasis de Charouine perchée sur un promontoire, composée de petits villages fortifiés aux noms barbares : Taourirt, Taguelzi, Tinekrane. La piste coupe ensuite de petits oueds où poussent au hasard de la nature des palmiers rabougris. Ce sont des palmiers-bours.

- Quel est cet éperon rocheux qui ressemble à une proue de navire, là, sur la droite ?

- C’est un immense bloc qui surplombe la petite palmeraie de Béni-Islem. Allons sur ce rocher puis aventurons-nous sur cette crête étroite, toute croulante de pierres éclatées et, brusquement devant nous, apparaît la muraille d’un imprenable fortin.
Une brèche, on entre, et soudain un gouffre. A soixante mètres sous nos pieds, semblent jaillir du néant un jardinet avec son bassin d’irrigation qui miroite au soleil, une vaste plaine, des bouquets de palmiers.
C’est si délicieusement imprévu, sauvage et coloré, si frais, que l’on ne peut s’empêcher d’admirer ce non sens, cette absurdité de la Nature.

Ensuite la piste escalade des mamelons, serpente entre de nombreux affleurements rocheux et joue à éviter les bras d’erg. Puis elle descend dans la sebkha de Timimoun d’où l’on jouit d’un panorama incomparable sur l’immense chapelet d’oasis festonnant le dernier gradin septentrional du Tademaït. Celui-ci se place entre les oasis de Taoursit à droite et Béni-M’louk à gauche.
La piste, bordée de fortins en ruines, dessine de paresseux méandres, se faufile entre les monticules d’innombrables foggaras et longe les petits villages fortifiés de Béni-Mehlel et de Zaouiet-Sidi-Belgacem.
A hauteur de Béni- Mehlel un cimetière hérissé d’une infinité de poteries indigènes, s’étale paisiblement dans ce chaos. Et c’est encore tout imprégnés de la majesté de ce pittoresque que nous apparaissent au loin les premières teintes de l’Oasis Rouge.